Newsletter Novembre
2007

Jean-Michel
Samoyau
Directeur associé
AFFINITY DATA
www.affinity-data.com
|
SEMO 2007 : innovation à
tous les étages !
Pour sa 10ème édition, on aura
jamais autant prononcé, lu et vu le mot « innovation
» au Semo. En effet, elle est une question de survie
pour les industriels et les annonceurs, et une question
de compétitivité pour les instituts.
Les nouveaux consommateurs sont de plus en plus avertis,
de plus en plus mobiles, plus pressés, désireux
de disposer d'un choix toujours plus étendu. Ils
demandent non seulement à être servis mais
à ce que l'on aille au-devant de leurs désirs.
Il ne s'agit plus seulement de proposer un bon produit ou
un bon service, mais d'être le premier à introduire
du dialogue et de la réactivité. Devancer
le premier les attentes des clients devient crucial. C’est
une course, le rapport au temps n’aura jamais été
si critique : anticiper les tendances de demain est hautement
stratégique. D’autre part, dans cette jungle
ou foisonnent tant de nouveaux produits, quels sont les
leviers pour se distinguer… et survivre ? Car 1 innovation
sur 2 disparaît au bout de 3 ans.
Il s’agit donc pour les entreprises de répondre
à un double défi : innover
vite et bien !
Parallèlement, les instituts sont
soumis à des difficultés analogues. En effet
:
-
les
budgets études sont de plus en plus revus à
la baisse,
-
la
concurrence est de plus en plus dure avec l’internationalisation
de service études au sein des agences de pub ou
médias, l’émergence de sociétés
de consulting diverses et variées…
-
et
le « consommateur d’études »,
c'est-à-dire le responsable des études chez
l’annonceur est, lui aussi de plus en plus expert
car il est souvent lui-même un transfuge d’une
société d’études
Face à des clients de plus en plus
exigeants, les outils sont de plus en plus pointus, les
méthodologies de plus en plus sophistiquées,
les consultants de plus en plus seniors…
Dans ce contexte, le Semo 2007 aura été un
« spécial innovation » : entre les agences
et les outils spécialisés en innovation, et
de l’autre une profusion d’innovations ostentatoires
dans les propositions des instituts, agences et éditeurs.
Attention cependant aux fausses innovations ou à
celles qui ne dépassent pas le stade du concept ou
de la bonne idée.
Nous avons donc d’un côté des annonceurs
dont la principale préoccupation est aujourd’hui
d’innover efficacement et de l’autres des instituts,
qui pour répondre à ces besoins et à
leur propre survie, doivent répondre aux mêmes
objectifs.
Moi je dis, il y a un créneau à prendre :
une agence conseil en innovation pour institut d’études
!
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Newsletter Juin
2007

Laurence
Caillette
Directrice marketing
AFFINITY DATA
www.affinity-data.com
|
C’est court, c’est beau
mais c’est faux !
Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir le slogan
de la dernière campagne presse du leader mondial
en édition de logiciel: « un client satisfait
est un client fidèle ». Non seulement cette
assertion date des années 90 (un comble pour des
applications de CRM dites « dynamiques ») mais
surtout c’est faux ! Quelques arguments
pour étayer mon propos :
- une entreprise qui aujourd’hui se contenterait que
ses clients soient juste « satisfaits » irait
droit dans le mur. Pour rendre l’aphorisme ci-dessus
un peu plus juste il faudrait dire : « un client très
satisfait est un client fidèle ».
- la mesure de la satisfaction ne vaut que si elle est mise
en perspective par rapport aux attentes. Un client
peut très bien être satisfait d’un produit
ou d’un service mais déçu
car il s’attendait à mieux encore. Dans ce
cas, ce client a peu de chance de devenir un client fidèle.
Par exemple, vous pouvez être fidèle avec un
niveau de satisfaction relativement bas chez Leader Price
et infidèle avec un niveau de satisfaction relativement
élevé chez un traiteur de luxe. Le slogan
devrait donc être : « un client dont le niveau
de satisfaction est supérieur à celui de ses
attentes est un client fidèle ». Mais la réalité
des faits nous montre que cette corrélation n’est
pas systématique.
- le client aujourd’hui aime être valorisé
soit par un « plus » affinitaire qui va le faire
se sentir reconnu, unique, soit encore par un effet d’autosatisfaction
issu notamment du sentiment d’avoir réalisé
une « bonne affaire ». Ces facteurs sont absolument
à intégrer dans toute corrélation entre
satisfaction et fidélité.
- ce slogan est totalement faux, mais son inverse peut s’avérer.
Plus précisément : un client insatisfait
a plus de chance de devenir fidèle qu’un client
satisfait. En effet, un client mécontent
(et qui l’a fait savoir) dont le « préjudice
» a été justement traité et réparé
a toutes les chances de devenir un véritable ambassadeur
de la marque (le degré le plus haut de la satisfaction).
Ce potentiel est d’ailleurs trop souvent négligé
par les entreprises.
Si je résume, pour être « marketinguement
correct », l’agence de publicité aurait
donc du écrire pour slogan : « un client dont
le niveau de satisfaction est supérieur à
celui de ses attentes ou dont l’insatisfaction est
inférieure à ses attentes ou encore dont l’insatisfaction
a été bien gérée, et qui se
sent valorisé, a de bonnes chances de devenir un
client fidèle».
Trop long ? Ok, à chacun son métier !
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Newsletter Mars
2007

Jean-Michel
Samoyau
Directeur associé
AFFINITY DATA
www.affinity-data.com
|
Le web 2.0,
les études marketing ont tout à y gagner
Le web 2.0 est à mon sens une opportunité
pour le marketing, à condition toute fois qu’il
soit bien maîtrisé et compris, dans le sens
où :
Du côté des consommateurs, au-delà des
questionnaires on-line du web 1.0
- le web 2.0 propose aux consommateurs-utilisateurs une
manière de s’exprimer plus souple et plus sincère
que les forums d’hier,
- il laisse moins de place aux pseudo panels où des
clients professionnalisés chassent la prime, au profit
d’espaces de libre expression unis autour de thématiques
fédératrices,
Du côté des instituts,
- la réflexion marketing en elle-même en circulant
de manière horizontale dans la blogosphère
dédiée fait débat, s’enrichit,
grandit…
- en termes de techniques, les outils de recueil d’informations
sont encore plus interactifs, réactifs et participatifs.
Du côté des entreprises,
- le web 2.0 permet de faire émerger les vraies questions
et attentes des consommateurs sur les produits (ou services)
or il est toujours plus facile d’y répondre
que de les identifier,
- permet à travers du contenu, des informations,
des services… de booster la fidélité,
et de créer un sentiment d’appartenance à
une communauté, plus fort encore que la fidélité.
Attention cependant, car tenir compte (utiliser, observer,
analyser…) de ce média est nécessaire
mais non suffisant et il ne faut pas tenter d’être
plus malin que le consommateur acteur du web (en créant
un « flog » -faux blog- par exemple)…
Le web 2.0 permet de mieux comprendre le consommateur (et
ainsi de s’en inspirer) et en aucun cas de chercher
à forcer son opinion en le manipulant. C‘est
pourquoi le marketing 2.0 doit être manié avec
encore plus de précautions qu’auparavant.
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Newsletter Décembre
2006

"Laurence Caillette
Directrice marketing
AFFINITY DATA"
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« Le rôle
des études dans l’entreprise : fournir un alibi
ou enrichir le processus de décision ? »
« Le rôle des études dans l’entreprise
: fournir un alibi ou enrichir le processus de décision
? »
Le titre de cet édito n'est qu'un honteux copier-coller
de l’intitulé de la conférence d’ouverture
du Semo 2006 à laquelle j’ai assisté,
la semaine dernière. Un tel thème ne pouvait
que m'intéresser.
Pourtant, j’ai été très déçue.
Tout d’abord par le pitch, qui pourtant m’a
rajeunie car j’ai cru à un retour dans les
années 90. J’attendais de me mettre sous la
dent un sujet plus innovant pour une 9ème édition
de Semo en 2006 !
Ensuite, le contenu…où sont les témoignages
d’ « études alibi » ? Les présentations
des intervenants, certes impeccables, dépeignaient
des fonctionnements idylliques de services études
impliqués voire indispensables à la stratégie
de l’entreprise, des relations instituts-annonceurs
d’une complicité folle, des résultats
d’études résolument opérationnels…
Quant aux études alibi, le mot a été
lancé : « tabou ». D’où
un vrai faux débat, sans arguments, dans le simple
but de se faire plaisir ?
En effet, il me semble que faire l’apologie des études
devant une assistance constituée à 90% de
responsables marketing ou études, c’est du
brossage dans le sens du poil en masse, de la réassurance
voire de la thérapie collective !
Pourtant les études-alibis existent toujours, ainsi
que :
- les études-tiroirs (celles qui
y atterrissent directement sans passer par la case «
action »),
- les études-cachées (celles
dont les résultats sont trop honteux pour être
montrés),
- les études-« trop tard »
(celles dont les résultats arrivent après
une prise de décision),
- les études-pavé (celles
dont les 300 pages de tableaux croisés ne servent
qu’à caler un bureau),
- les études-plaisir (celles qui
n’ont pour but que d’afficher combien l’entreprise
a une grande notoriété, a fait une jolie campagne,
a gagné de part de marché…),
- les études-faire valoir (ont le
même but que ci-dessus mais ne concernent qu’un
service ou qu’une personne de l’entreprise)
- les études-béquilles (celles
qui permettent juste de « faire passer » une
conviction de marketeur auprès de sa hiérarchie)
- les études-blanchissantes (celles
qui protègent une prise de décision)
- les études-hypocrites (celles
qui demande l’avis d’une personne uniquement
pour qu’elle se sente prise en considération…)
- …
Nous, sociétés d’études avons
un rôle important à jouer pour évangéliser,
éduquer nos clients. C’est à nous qu’il
revient de les remettre dans le droit chemin quant ils s’égarent
voire refuser de faire un bout de chemin ensemble. Pour
cela, il faut bien sûr avoir un minimum de déontologie,
les reins solides et une forte capacité à
se remettre en cause. Si tous les instituts agissaient dans
ce sens, pas moins d’études seraient menées,
mais moins seraient menées pour rien. A bon entendeur…
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Opinion Septembre 2006
« Point de rencontre incontournable »,
« Carrefour des métiers des études et du marketing
», « Agora des logiciels de traitements d’études
», je me rends comme beaucoup de professionnels des études
et du marketing au SEMO.
Sur bon nombre de stands, on vous explique que si les études
sont primordiales aux prises de décisions stratégiques
des entreprises, des logiciels sont maintenant capables de réaliser
une étude de A à Z, en toute autonomie. Nous parlons
ici d’une démocratisation telle que des machines seraient
capables de remplacer des années d’expériences
d’un directeur conseil ou d’un chargé d’études
en réalisant un questionnaire d’un claquement de souris,
de le propulser sur un serveur, d’enregistrer vos réponses
et de vous faire passer pour le meilleur des analystes… !
Soit ! En quittant le SEMO, je me fais du souci pour tous ces acteurs
du monde de la réalisation des études.
En tant que fondateur d’une plateforme de réflexions
tant études que stratégiques www.affinity-data.com,
je reste quelque peu dubitatif sur l’avenir de ce marché
en France dans un tel cadre déshumanisé.
Mais aujourd’hui, je suis rassuré….
En effet, en tant que visiteur, j’ai reçu dans ma boite
email un questionnaire « SEMO 2006 - Votre avis nous intéresse
! ».
Il me semble judicieux que cet organisateur de Salon s’intéresse
à son visitorat. Je me réjouis à l’avance
de sa volonté de connaissance visiteurs. Déjà,
j’imagine une trame avec les objectifs que va contenir le
questionnaire. Que voulez vous, je ne peux pas m’empêcher
de répondre à tous les questionnaires.. ! On ne se
refait pas.. !
Bref, je jubile d’avance en cliquant sur le lien qui m’expédie
directement sur un formulaire.
Une première page me remercie. Bon c’est bien…
Et là, tout s’écroule sans que je n’ai
pu croquer dans cette fameuse tablette de chocolat. La première
phrase égratigne mes yeux : « Nous vous remercions
d’avoir participé à cette édition 2006
du SEMO et souhaitons que vous êtes satisfait de votre visite
».
En effet, si celle-ci manque cruellement de légèreté,
on peut surtout lui reprocher une concordance des temps peu avantageuse.
Le Semo doit certainement employer ces fameux logiciels d’étude
qui font tout, tous seuls… C’est dommage, car un humain
compétent aurait immédiatement détecté
cette faute après avoir relu son questionnaire !
Page suivante, à la question : « Etes vous... »,
je ne suis pas certain d’être considéré
comme un visiteur important. En effet, les réponses possibles
étant : « acheteur d’étude, prescripteur,
acheteur de terrain sec, utilisateur d’études et autre
» ; je m’inquiète de mon statut. Qui suis-je
réellement dans cette classification ?
Je n’ai donc pas d’autre choix que « autre »..
Et là c’est la descente aux enfers de la non-reconnaissance.
Un chargé d’études encore boutonneux sait que
cette modalité n’apporte rien à une étude,
et qu’elle est sensée être là au cas où
vraiment un « autre » se présenterait à
l’entrée du questionnaire… !! Les differents
items sélectionnés sont censés couvrir 95%
de la population interrogée. J’ai pourtant du mal à
croire que les instituts d’études ne représentent
pas une partie importante du visitorat, compte tenu du nombre de
confrères croisés dans les allées.
Il ne me reste alors plus qu’à me dire que ce questionnaire
et donc ce salon ne sont pas destinés aux instituts et sociétés
conseil.
Pourtant, il me semble qu’un salon professionnel est censé
intéresser tous les acteurs d’un marché et que,
de plus, ce serait à mon sens, un manque de curiosité
professionnelle que de ne pas s’y rendre.
Alors ? Erreur dès le début du questionnaire ou population
(non exposante) qui n’intéresse pas les organisateurs
?
Mais continuons notre déroulé de
questionnaire…
« Quel est le montant annuel du budget études marketing
que vous gérez personnellement ? »
Heu... Mais y’a quelqu’un derrière ce questionnaire
? Je ne gère pas de budget d’étude, je les vends
et les réalise !
J’égraine le questionnaire de page en page, et cela
continue sur le même mode, on me demande même mes projets
d’études…
On me fait remplir des tableaux d’une dizaine de ligne numérotées
de 1 à 10 en me demandant de cocher par importance des colonnes
elles-même numérotées de 1 à 10 !
Bon c’est sûr, un humain n’aurait jamais élaboré
un questionnaire pareil... !
La lobotomisation du questionnaire continue un peu plus loin : «
Notez ce salon sur une échelle de 1 à 10 (où
10 est le minimum et 10 est le maximum) »
C’est encore le logiciel qui s’est trompé ? Parce
qu’une personne compétente des études sait qu’il
faut relire et tester son questionnaire… !
A la fin du questionnaire, on me demande mon secteur d’activité.
Ouf, je m’y retrouve : institut d’études. Enfin
une question qui me prend en compte et à laquelle je peux
répondre.. Dommage, c’est fini.
Enfin, arrive le temps où l’on me remercie pour mon
« implication dans cette enquête ». Il est dommage
que les équipes du Semo n’aient pas montré l’exemple
en la matière.
Alors oui, je suis rassuré sur le marché des études
pour les instituts. Des annonceurs consciencieux auront toujours
besoins d’instituts d’études capables de proposer
des questionnaires pertinents, correctement réalisés,
permettant de mettre en place une véritable politique de
connaissance client.
D’autres se contenteront de questionnaires vite fait, dont
l’enchaînement laisse à désirer. Ces questionnaires
ne sont-ils pas des leurres pour les clients en leur faisant croire
que l’on prend en compte leur avis ?
Remercier un client en lui administrant un questionnaire avec des
fautes, des questions inappropriées et sans aucune stratégie
de construction ne sert certainement pas le monde des études
où il faut aujourd’hui faire preuve d’inventivité,
de perspicacité et de savoir-faire.
Parce qu’il est évident qu’un mauvais questionnaire
remet en cause la validité des réponses et donc la
qualité globale de l’étude, parce qu’un
bon questionnaire répond à des objectifs d’analyses
qui découlent des objectifs de l’étude, parce
qu’un bon questionnaire doit permettre un traitement pertinent
des données et optimiser le recueil des réponses,
tout en favorisant la sincérité des personnes interviewées,
sa rédaction (par un professionnel, humain on l’aura
compris) est cruciale.
Pour en savoir plus http://www.affinity-data.com/pdf/concep-question.pdf
Newsletter Septembre
2006

Jean-Michel
Samoyau
Directeur associé
AFFINITY DATA"
www.affinity-data.com
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|
" La malbouffe des
études marketing, une certaine typologie"
Depuis une paire d’années le marketing
est diabolisé, surtout à travers sa
fille, la publicité.
On le rend responsable de nombreux maux de société,
en particulier les troubles de l alimentation et nouvellement
de l’obésité.
A cela s’ajoute un autre phénomène
concomitant qui est la difficulté de cerner
le consommateur tant ses comportements paradoxaux,
sa prise de pouvoir sur les marques, sa défiance,
tendent à le faire ressembler à une
savonnette mouillée.
Tout ceci entraîne une mutation des pratiques
marketing, notamment dans les usages qu’il est
fait des études marketing. On remarque aujourd’hui
plusieurs familles, dont la consommation d’études
s’apparente à la malbouffe et dont les
objectifs sont totalement perdus de vue :
- les étudivores : pour eux la vérité
est dans l’exhaustivité. Plus ils ont
de chiffres, plus ils sont contents. Comment peut-on
ingurgiter et assimiler efficacement tant de données
?
- les étudichipoteurs : les résultats,
les méthodologies sont systématiquement
remises en cause dès lors que le plan marketing
ne se déroule pas sans anicroche ou qu’un
résultat ne plait pas.
- les étudisnackers : ils picorent de ci, de
là quelques études, de préférence
avec des méthodologies hyper innovantes, en
oubliant les études fondamentales de base.
- les étudinorexiques : puisque c’est
comme cela, je ne fais plus d’études
! Façon bouderie.
Aujourd’hui le monde des études se doit
d’être de plus en plus pointu et à
ce titre, leur consommation nécessite au préalable
l’élaboration d’un programme diététique
personnalisé.
En effet, il faut trouver le bon équilibre
entre ses besoins caloriques (les informations de
base), ses carences (les dissonances avec le marché),
ses vitamines (son potentiel de développement)
et ses dépenses énergétiques
(son budget).
La seule vraie différence avec l’alimentation
? Il est exclu dans les études d’avoir
pour seul objectif de " se faire plaisir "
!
|
Newsletter
Juillet 2006

"Laurence
Caillette
Directrice marketing
AFFINITY DATA"
www.affinity-data.com
|
" Rendons la parole aux
clients "
Une récente lecture, " innover
en marketing, 15 tendances en mouvement " de
Bernard Cova, Marie-Claude Louyot-Gallicher et Myriam
Louisy, a particulièrement retenu mon attention
sur une des causes, à mon sens, d’échec
de la relation client aujourd’hui. En effet,
il apparaît que, si l’idée de connaissance
du consommateur est centrale dans les réflexions
marketing, elle n’est souvent comprise que dans
un sens restreint et manipulateur : tout connaître
sur le consommateur pour le satisfaire et ainsi le
fidéliser. Trop rarement, l’idée
que le consommateur puisse avoir des connaissances
intéressantes pour l’entreprise est mise
en avant. C’est pourtant de cela qu’il
s’agit : le marketing, en quittant une vision
" fondamentaliste ", devra prendre en compte
l’Autre, le consommateur, non en apprenant sur
lui mais en apprenant de lui, de son expertise, de
ses expériences. Ce qu’il consomme, bien
sûr, qui il est, forcément, mais aussi
ce qu’il aime, ce qu’il lui plait, ce
qu’il désire, ce à quoi il aspire,
le sens qu’il donne à sa vie…
Pour traiter cette approche " holistique "
du consommateur, commençons par lui rendre
la parole…
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Newsletter Mai 2006
|

"Jean-Michel
Samoyau, directeur associé fondateur AFFINITY
DATA"
www.affinity-data.com
|
" le retour des études
de satisfaction "
Dédaignées depuis plusieurs années,
nous remarquons depuis quelques temps, un juste
retour des études de satisfaction.
A qui doit-on cette chute en disgrâce : aux
instituts qui, en conjuguant les néologismes
" shoppers " et autres " insights
" à tous les temps, ont ainsi insinué
que les études classiques n’étaient
plus fiables ? ou aux commanditaires qui, à
force d’utiliser ces études à
mauvais dessein, leur ont fait perdre toute leur
valeur ?
Les raisons de ce come-back :
1.
Les études qui fonctionnent aujourd’hui
ne sont pas tout à fait celles d’hier.
Celles-ci ont intégré notamment des
solutions qui permettent de contrer la versatilité
et le manque de cohérence du consommateur
tyran et hédoniste de nos jours. Elles ont
donc changé dans leur fond et dans leurs
formes en fonction des évolutions des consommateurs
afin de correspondre aux besoins actuels des fabricants
et distributeurs.
2.
Les études de satisfaction sont, de fait,
une des composantes des études marketing
fondamentales dans une démarche orientée
client. On s’aperçoit enfin que le
CRM n’est pas la panacée et ne peut
pas remplacer toutes les études marketing.
En effet, une étude de satisfaction est une
approche incontournable dans le passage d’une
culture produit à une culture client. Elle
apporte des éléments essentiels tels
que l’évaluation de la qualité
de service (telle qu'elle est effectivement perçue
par les clients), la mesure du niveau de qualité
attendue par les clients, la détermination
des domaines prioritaires d’actions marketing
pour fidéliser et la compréhension
des comportements d’infidélité
3.
Les clients savent aujourd’hui utiliser les
études de satisfaction et notamment les intégrer
dans une démarche complète de qualité
impliquant l’ensemble des services (DRH, service
qualité, service client, marketing, commercial…)
|
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| Newsletter Mars 2006 |

Laurence
Caillette
Directrice Marketing
AFFINITY DATA
www.affinity-data.com
|
" Passer de la fidélisation
à la connaissance client est le vrai défi
des entreprises.
Depuis le milieu des 90 on a vu fleurir des dizaines
et des dizaines de cartes de fidélité
de tous poils : gratuites, payantes, à points,
à remise, mutualisées … qui ont
conduit à accumuler des millions de données…
inexploitées.
Au mieux, le niveau de connaissance client se situe
au niveau de la RFM (Résence, Fréquence,
Montant). On peut ainsi identifier les meilleurs clients,
les clients moyens et enfin, les occasionnels. Mais
les limites sont une déperdition dû au
fait de concentrer les efforts commerciaux sur les
meilleurs clients auxquels on fait la même offre…
Savoir qui (profil sociodémographique) et quoi
(quels produits achetés), n’est plus
suffisant : les marques doivent comprendre pourquoi.
Comprendre les motivations est tout l’enjeu
des relations client de demain. C’est la connaissance
client qui permet de retenir et de faire revenir les
clients.
Les avantages d’une relation client personnalisée
:
- réduire la déperdition donc le coût
des opérations promotionnelles par des offres
ciblées et répondant directement aux
besoins des différents types de consommateurs.
- améliorer le mix magasin avec un assortiment
et un marketing adaptés à chaque implantation
- affiner et renforcer les primes à la fidélité,
donc augmenter le panier moyen et la fréquentation
- au delà des avantages économiques,
instaurer une relation de plus grande proximité
avec le client, donc favoriser les facteurs de différenciation
"
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| Newsletter Décembre
2005 |

"Jean-Michel
Samoyau, directeur associé fondateur AFFINITY
DATA" |
Arrêtons de nous mentir
!
Combien de fois avons nous lu cette phrase dernièrement
" La gestion de la relation client est au cœur
des préoccupations de toutes les entreprises
" ?
Je constate, nous constatons tous, chaque jour, qu’il
ne s’agit ici que de (louables) intentions.
Ou, si c’est vrai, il est temps de remettre
sérieusement en cause les stratégies
et méthodes utilisées.Un exemple, hier
: suite à la résiliation de mon abonnement
chez mon opérateur mobile (chez qui je sais
faire partie des meilleurs clients), je reçois
une lettre standard, me demandant d’appeler
(!) pour expliquer les raisons de mon départ
!! Quel sens de la relation ! Au client de se déplacer
vers la marque ?
La connaissance et la compréhension du client,
au delà même de votre secteur d’activité,
sont plus que jamais un défi pour l’avenir
économique des entreprises. Connaître
toutes ses facettes permettra de penser comme lui
et donc de le conquérir, le fidéliser
pour en tirer le meilleur profit.
|
La segmentation version 3.0
Auparavant, en termes de segmentation,
les seuls critères retenus étaient le
classique «âge », le dépassé
« CSP », ou encore le peau-de-banane «
revenu » : c’était l’ère
« anthropométricale
» . Nous sommes ensuite entrés dans
l’ère du comportemental,
diversement compris et appliqué d’ailleurs,
qui veut que nous regroupions les individus en groupe
de comportement homogène. Or, le consommateur
a tout aujourd’hui, sauf un comportement rationnel,
logique et prédictible : nous entrons dans
l’ère de l’aspirationnel, plus
profonde et prédictive que le comportemental.
« L’époque est au paradoxe.
Les individus ont un tempérament schizophrène.
» (Vincent Grégoire du bureau
de style Nelly Rodi). Ce qui implique d’introduire
de nouveaux paramètres dans les segmentations
pour mesurer et prendre en compte ces contradictions.
La fin des « étiquettes »
On s’aperçoit des limites d’une
segmentation de style socio-culturel. Un exemple à
la mode : les « bobos », dont la définition
est différente d’une personne à
l’autre et qui sont aujourd’hui sensés
représenter des trentenaires urbains et aisés.
Or, on constate que la catégorie des trentenaires
est celle où il y a le plus de précarité,
de chômage, c’est celle qui déserte
de plus en plus les centre-villes pour trouver à
se loger dans ses moyens, dont les crédits
immobiliers sont deux fois supérieurs au reste
de la population, qui part le plus en vacances en
camping…
Des comportements paradoxaux
On déplore un pouvoir d’achat à
la baisse mais les achats de produits high-tech, d’équipement
de la maison ou dédié au culte de «
soi » sont en hausse. De même, le consommateur
veut de plus en plus de qualité et du haut
de gamme. Comment est-ce possible ?
Explication : ils « coupent les coins »,
c’est-à-dire qu’ils économisent
sur les produits de gamme moyenne en s’orientant
de plus en plus vers des produits « low cost
» ou encore gratuit afin de dégager l’argent
nécessaire pour acheter des produits de luxe.
Optimiser ses achats revient pour le consommateur
à suivre une démarche quasiment scientifique
afin de trouver le meilleur fournisseur qui propose
le produit le meilleur au prix le plus discounté.
Les clients sont ainsi devenus de véritables
experts marketing, et connaissent de mieux en mieux
les prix et les stratégies promotionnelles
des marques. De plus, ils échangent leurs bonnes
adresses (surtout les femmes). Les consommateurs n’ont
plus honte d’acheter low cost : seuls 8% des
clients achèteraient au prix normal. La manière
d’acheter change : ceux qui savent parfaitement
ce qu’ils désirent trouvent des prix
moins chers que les autres, et peuvent vivre finalement
sensiblement au-dessus de leurs moyens. Aujourd’hui,
faire ses courses chez ED, Lidl ou Leader Price n'est
plus montré du doigt. Au contraire, c'est "tendance"
et c’est rusé.
Ainsi, on peut trouver au sein d’un même
« panier » : des dessous Chantal Thomass
et un sac à main en skaï véritable
acheté 3 sous dans le métro ; un rouge
à lèvres Chanel et de la lessive Leader
Price, un i-pod et un lecteur Dvix de salon Lidl à
19€, …
Une clé de lecture du consommateur
: décoder les « aspirations » individuelles
La vie n’est qu’une suite d’arbitrages
et le comportement du consommateur aujourd’hui
ne peut se comprendre qu’en décodant
ce que j’appelle ses « priorités
de vie ». Ce n’est que par cette entrée
que l’on peut aujourd’hui prétendre
réaliser une segmentation efficace et performante.
Il s’agit de l’appréhender de manière
holistique et d’aller à la rencontre
de ses compromis, de ses choix, de qu’il considère
comme impliquant. Par exemple, on ne peut plus aujourd’hui
dire qu’une femme qui achète sa crème
de nuit chez Dior, ne peut pas acheter sa lingerie
chez Tati..
Ce raisonnement par « priorités de vie
» montre les limites actuelles du scoring et
de la segmentation comportementale qui ne sont valables
que pour un marché et à un moment donné.
Comment mesurer le paradoxal
Les marques doivent désormais pouvoir répondre
à la question suivante : qu’est-ce que
le consommateur va « lâcher » pour
venir chez moi ? Pour répondre à cette
question, il faut être en mesure de parler aux
émotions, de suivre l’arbitrage, le choix
que le consommateur va devoir opérer. Or ces
arbitrages sont loin d’être conscients
et reposent sur la valeur que le consommateur donne
au produit, à la marque. Cette valeur est complexe
puisqu’elle comprend la perception qu’il
a de la valeur prix, la valeur d’usage, la valeur
d’image que le produit va lui conférer…
Au delà de la consommation que le client fait
d’un produit ou d’une marque, il faut
obtenir des informations sur son style de vie, ses
valeurs, ses convictions, ses postures… (Cela
va de son rapport à l’argent, aux média,
à la politique, l’écologie, la
famille, les autres, la consommation… jusqu’aux
différentes marques). Aujourd’hui il
existe des méthodologies qui permettent de
mesurer ces différents éléments
constitutifs de la valeur attribuée par un
individu à une marque et ainsi révèlent
les mécanismes d’arbitrages réalisés
par les individus. Ce qui est nouveau ce n’est
donc pas les études qui permettent d’obtenir
des informations sur qui se cache derrière
le client, mais de les intégrer, de les mixer
avec des données de consommation en propre.
Le challenge aujourd’hui n’est pas dans
le recueil de l’information mais dans son exploitation
et plus précisément dans son intégration.
En effet, si l’on veut pouvoir opérer
une segmentation opérationnelle et pertinente
pour les entreprises il faut intégrer ces données
dans la base de connaissance client de l’entreprise
et, à ce jour, peu d’entreprises en ont
la capacité, l’ambition et surtout la
compréhension de son enjeu, engluées
dans de la tactique et délaissant la stratégie
au péril de leur avenir.
La segmentation 3.0 de demain est
donc possible en termes de méthodologie, mais
elle demande ambition et audace aux entreprises.
Gérer tous les paradoxes et décrypter
les motivations les plus profondes des consommateurs
est le défi à relever pour les marques
et la connaissance client est à ce titre plus
que jamais fondamentale.
Les fondamentaux en matière de segmentation
-
-même
si les techniques sont de plus en plus sophistiquée
pour traquer le client, la réussite d’une
segmentation dépend de plus en plus de l’homme
de marketing (lui seul choisit les paramètres,
les bornes étudiées et c’est
ce choix qui est crucial)
-
la segmentation
n'est qu'une vision du monde. Aussi sophistiquée
soit-elle, l'important est qu'elle serve l'entreprise.
Plutôt que de l'affiner à l'infini,
mieux vaut la combiner avec d’autres études.
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