Archives des éditos : 

Newsletter Novembre 2007


Jean-Michel Samoyau
Directeur associé

AFFINITY DATA
www.affinity-data.com

SEMO 2007 : innovation à tous les étages !

Pour sa 10ème édition, on aura jamais autant prononcé, lu et vu le mot « innovation » au Semo. En effet, elle est une question de survie pour les industriels et les annonceurs, et une question de compétitivité pour les instituts.

Les nouveaux consommateurs sont de plus en plus avertis, de plus en plus mobiles, plus pressés, désireux de disposer d'un choix toujours plus étendu. Ils demandent non seulement à être servis mais à ce que l'on aille au-devant de leurs désirs. Il ne s'agit plus seulement de proposer un bon produit ou un bon service, mais d'être le premier à introduire du dialogue et de la réactivité. Devancer le premier les attentes des clients devient crucial. C’est une course, le rapport au temps n’aura jamais été si critique : anticiper les tendances de demain est hautement stratégique. D’autre part, dans cette jungle ou foisonnent tant de nouveaux produits, quels sont les leviers pour se distinguer… et survivre ? Car 1 innovation sur 2 disparaît au bout de 3 ans.
Il s’agit donc pour les entreprises de répondre à un double défi : inno
ver vite et bien !

Parallèlement, les instituts sont soumis à des difficultés analogues. En effet :

  • les budgets études sont de plus en plus revus à la baisse,
  • la concurrence est de plus en plus dure avec l’internationalisation de service études au sein des agences de pub ou médias, l’émergence de sociétés de consulting diverses et variées…
  • et le « consommateur d’études », c'est-à-dire le responsable des études chez l’annonceur est, lui aussi de plus en plus expert car il est souvent lui-même un transfuge d’une société d’études

Face à des clients de plus en plus exigeants, les outils sont de plus en plus pointus, les méthodologies de plus en plus sophistiquées, les consultants de plus en plus seniors…

Dans ce contexte, le Semo 2007 aura été un « spécial innovation » : entre les agences et les outils spécialisés en innovation, et de l’autre une profusion d’innovations ostentatoires dans les propositions des instituts, agences et éditeurs.

Attention cependant aux fausses innovations ou à celles qui ne dépassent pas le stade du concept ou de la bonne idée.

Nous avons donc d’un côté des annonceurs dont la principale préoccupation est aujourd’hui d’innover efficacement et de l’autres des instituts, qui pour répondre à ces besoins et à leur propre survie, doivent répondre aux mêmes objectifs.

Moi je dis, il y a un créneau à prendre : une agence conseil en innovation pour institut d’études !

 

Newsletter Juin 2007


Laurence Caillette
Directrice marketing

AFFINITY DATA
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C’est court, c’est beau mais c’est faux !

Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir le slogan de la dernière campagne presse du leader mondial en édition de logiciel: « un client satisfait est un client fidèle ». Non seulement cette assertion date des années 90 (un comble pour des applications de CRM dites « dynamiques ») mais surtout c’est faux ! Quelques arguments pour étayer mon propos :

- une entreprise qui aujourd’hui se contenterait que ses clients soient juste « satisfaits » irait droit dans le mur. Pour rendre l’aphorisme ci-dessus un peu plus juste il faudrait dire : « un client très satisfait est un client fidèle ».

- la mesure de la satisfaction ne vaut que si elle est mise en perspective par rapport aux attentes. Un client peut très bien être satisfait d’un produit ou d’un service mais déçu car il s’attendait à mieux encore. Dans ce cas, ce client a peu de chance de devenir un client fidèle. Par exemple, vous pouvez être fidèle avec un niveau de satisfaction relativement bas chez Leader Price et infidèle avec un niveau de satisfaction relativement élevé chez un traiteur de luxe. Le slogan devrait donc être : « un client dont le niveau de satisfaction est supérieur à celui de ses attentes est un client fidèle ». Mais la réalité des faits nous montre que cette corrélation n’est pas systématique.

- le client aujourd’hui aime être valorisé soit par un « plus » affinitaire qui va le faire se sentir reconnu, unique, soit encore par un effet d’autosatisfaction issu notamment du sentiment d’avoir réalisé une « bonne affaire ». Ces facteurs sont absolument à intégrer dans toute corrélation entre satisfaction et fidélité.

- ce slogan est totalement faux, mais son inverse peut s’avérer. Plus précisément : un client insatisfait a plus de chance de devenir fidèle qu’un client satisfait. En effet, un client mécontent (et qui l’a fait savoir) dont le « préjudice » a été justement traité et réparé a toutes les chances de devenir un véritable ambassadeur de la marque (le degré le plus haut de la satisfaction). Ce potentiel est d’ailleurs trop souvent négligé par les entreprises.

Si je résume, pour être « marketinguement correct », l’agence de publicité aurait donc du écrire pour slogan : « un client dont le niveau de satisfaction est supérieur à celui de ses attentes ou dont l’insatisfaction est inférieure à ses attentes ou encore dont l’insatisfaction a été bien gérée, et qui se sent valorisé, a de bonnes chances de devenir un client fidèle».
Trop long ? Ok, à chacun son métier !

 

Newsletter Mars 2007


Jean-Michel Samoyau
Directeur associé

AFFINITY DATA
www.affinity-data.com

Le web 2.0, les études marketing ont tout à y gagner
Le web 2.0 est à mon sens une opportunité pour le marketing, à condition toute fois qu’il soit bien maîtrisé et compris, dans le sens où :

Du côté des consommateurs, au-delà des questionnaires on-line du web 1.0
- le web 2.0 propose aux consommateurs-utilisateurs une manière de s’exprimer plus souple et plus sincère que les forums d’hier,
- il laisse moins de place aux pseudo panels où des clients professionnalisés chassent la prime, au profit d’espaces de libre expression unis autour de thématiques fédératrices,

Du côté des instituts,
- la réflexion marketing en elle-même en circulant de manière horizontale dans la blogosphère dédiée fait débat, s’enrichit, grandit…
- en termes de techniques, les outils de recueil d’informations sont encore plus interactifs, réactifs et participatifs.

Du côté des entreprises,
- le web 2.0 permet de faire émerger les vraies questions et attentes des consommateurs sur les produits (ou services) or il est toujours plus facile d’y répondre que de les identifier,
- permet à travers du contenu, des informations, des services… de booster la fidélité, et de créer un sentiment d’appartenance à une communauté, plus fort encore que la fidélité.

Attention cependant, car tenir compte (utiliser, observer, analyser…) de ce média est nécessaire mais non suffisant et il ne faut pas tenter d’être plus malin que le consommateur acteur du web (en créant un « flog » -faux blog- par exemple)…
Le web 2.0 permet de mieux comprendre le consommateur (et ainsi de s’en inspirer) et en aucun cas de chercher à forcer son opinion en le manipulant. C‘est pourquoi le marketing 2.0 doit être manié avec encore plus de précautions qu’auparavant.

 

Newsletter Décembre 2006


"Laurence Caillette
Directrice marketing

AFFINITY DATA"

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« Le rôle des études dans l’entreprise : fournir un alibi ou enrichir le processus de décision ? »
« Le rôle des études dans l’entreprise : fournir un alibi ou enrichir le processus de décision ? »
Le titre de cet édito n'est qu'un honteux copier-coller de l’intitulé de la conférence d’ouverture du Semo 2006 à laquelle j’ai assisté, la semaine dernière. Un tel thème ne pouvait que m'intéresser.
Pourtant, j’ai été très déçue. Tout d’abord par le pitch, qui pourtant m’a rajeunie car j’ai cru à un retour dans les années 90. J’attendais de me mettre sous la dent un sujet plus innovant pour une 9ème édition de Semo en 2006 !
Ensuite, le contenu…où sont les témoignages d’ « études alibi » ? Les présentations des intervenants, certes impeccables, dépeignaient des fonctionnements idylliques de services études impliqués voire indispensables à la stratégie de l’entreprise, des relations instituts-annonceurs d’une complicité folle, des résultats d’études résolument opérationnels…
Quant aux études alibi, le mot a été lancé : « tabou ». D’où un vrai faux débat, sans arguments, dans le simple but de se faire plaisir ?
En effet, il me semble que faire l’apologie des études devant une assistance constituée à 90% de responsables marketing ou études, c’est du brossage dans le sens du poil en masse, de la réassurance voire de la thérapie collective !

Pourtant les études-alibis existent toujours, ainsi que :
- les études-tiroirs (celles qui y atterrissent directement sans passer par la case « action »),
- les études-cachées (celles dont les résultats sont trop honteux pour être montrés),
- les études-« trop tard » (celles dont les résultats arrivent après une prise de décision),
- les études-pavé (celles dont les 300 pages de tableaux croisés ne servent qu’à caler un bureau),
- les études-plaisir (celles qui n’ont pour but que d’afficher combien l’entreprise a une grande notoriété, a fait une jolie campagne, a gagné de part de marché…),
- les études-faire valoir (ont le même but que ci-dessus mais ne concernent qu’un service ou qu’une personne de l’entreprise)
- les études-béquilles (celles qui permettent juste de « faire passer » une conviction de marketeur auprès de sa hiérarchie)
- les études-blanchissantes (celles qui protègent une prise de décision)
- les études-hypocrites (celles qui demande l’avis d’une personne uniquement pour qu’elle se sente prise en considération…)
- …

Nous, sociétés d’études avons un rôle important à jouer pour évangéliser, éduquer nos clients. C’est à nous qu’il revient de les remettre dans le droit chemin quant ils s’égarent voire refuser de faire un bout de chemin ensemble. Pour cela, il faut bien sûr avoir un minimum de déontologie, les reins solides et une forte capacité à se remettre en cause. Si tous les instituts agissaient dans ce sens, pas moins d’études seraient menées, mais moins seraient menées pour rien. A bon entendeur…

Opinion Septembre 2006

« Point de rencontre incontournable », « Carrefour des métiers des études et du marketing », « Agora des logiciels de traitements d’études », je me rends comme beaucoup de professionnels des études et du marketing au SEMO.
Sur bon nombre de stands, on vous explique que si les études sont primordiales aux prises de décisions stratégiques des entreprises, des logiciels sont maintenant capables de réaliser une étude de A à Z, en toute autonomie. Nous parlons ici d’une démocratisation telle que des machines seraient capables de remplacer des années d’expériences d’un directeur conseil ou d’un chargé d’études en réalisant un questionnaire d’un claquement de souris, de le propulser sur un serveur, d’enregistrer vos réponses et de vous faire passer pour le meilleur des analystes… !
Soit ! En quittant le SEMO, je me fais du souci pour tous ces acteurs du monde de la réalisation des études.
En tant que fondateur d’une plateforme de réflexions tant études que stratégiques www.affinity-data.com, je reste quelque peu dubitatif sur l’avenir de ce marché en France dans un tel cadre déshumanisé.
Mais aujourd’hui, je suis rassuré….
En effet, en tant que visiteur, j’ai reçu dans ma boite email un questionnaire « SEMO 2006 - Votre avis nous intéresse ! ».
Il me semble judicieux que cet organisateur de Salon s’intéresse à son visitorat. Je me réjouis à l’avance de sa volonté de connaissance visiteurs. Déjà, j’imagine une trame avec les objectifs que va contenir le questionnaire. Que voulez vous, je ne peux pas m’empêcher de répondre à tous les questionnaires.. ! On ne se refait pas.. !
Bref, je jubile d’avance en cliquant sur le lien qui m’expédie directement sur un formulaire.

Une première page me remercie. Bon c’est bien…
Et là, tout s’écroule sans que je n’ai pu croquer dans cette fameuse tablette de chocolat. La première phrase égratigne mes yeux : « Nous vous remercions d’avoir participé à cette édition 2006 du SEMO et souhaitons que vous êtes satisfait de votre visite ».

En effet, si celle-ci manque cruellement de légèreté, on peut surtout lui reprocher une concordance des temps peu avantageuse. Le Semo doit certainement employer ces fameux logiciels d’étude qui font tout, tous seuls… C’est dommage, car un humain compétent aurait immédiatement détecté cette faute après avoir relu son questionnaire !
Page suivante, à la question : « Etes vous... », je ne suis pas certain d’être considéré comme un visiteur important. En effet, les réponses possibles étant : « acheteur d’étude, prescripteur, acheteur de terrain sec, utilisateur d’études et autre » ; je m’inquiète de mon statut. Qui suis-je réellement dans cette classification ?

Je n’ai donc pas d’autre choix que « autre ».. Et là c’est la descente aux enfers de la non-reconnaissance. Un chargé d’études encore boutonneux sait que cette modalité n’apporte rien à une étude, et qu’elle est sensée être là au cas où vraiment un « autre » se présenterait à l’entrée du questionnaire… !! Les differents items sélectionnés sont censés couvrir 95% de la population interrogée. J’ai pourtant du mal à croire que les instituts d’études ne représentent pas une partie importante du visitorat, compte tenu du nombre de confrères croisés dans les allées.
Il ne me reste alors plus qu’à me dire que ce questionnaire et donc ce salon ne sont pas destinés aux instituts et sociétés conseil.
Pourtant, il me semble qu’un salon professionnel est censé intéresser tous les acteurs d’un marché et que, de plus, ce serait à mon sens, un manque de curiosité professionnelle que de ne pas s’y rendre.
Alors ? Erreur dès le début du questionnaire ou population (non exposante) qui n’intéresse pas les organisateurs ?

Mais continuons notre déroulé de questionnaire…
« Quel est le montant annuel du budget études marketing que vous gérez personnellement ? »
Heu... Mais y’a quelqu’un derrière ce questionnaire ? Je ne gère pas de budget d’étude, je les vends et les réalise !
J’égraine le questionnaire de page en page, et cela continue sur le même mode, on me demande même mes projets d’études…
On me fait remplir des tableaux d’une dizaine de ligne numérotées de 1 à 10 en me demandant de cocher par importance des colonnes elles-même numérotées de 1 à 10 !
Bon c’est sûr, un humain n’aurait jamais élaboré un questionnaire pareil... !
La lobotomisation du questionnaire continue un peu plus loin : « Notez ce salon sur une échelle de 1 à 10 (où 10 est le minimum et 10 est le maximum) »
C’est encore le logiciel qui s’est trompé ? Parce qu’une personne compétente des études sait qu’il faut relire et tester son questionnaire… !
A la fin du questionnaire, on me demande mon secteur d’activité. Ouf, je m’y retrouve : institut d’études. Enfin une question qui me prend en compte et à laquelle je peux répondre.. Dommage, c’est fini.
Enfin, arrive le temps où l’on me remercie pour mon « implication dans cette enquête ». Il est dommage que les équipes du Semo n’aient pas montré l’exemple en la matière.
Alors oui, je suis rassuré sur le marché des études pour les instituts. Des annonceurs consciencieux auront toujours besoins d’instituts d’études capables de proposer des questionnaires pertinents, correctement réalisés, permettant de mettre en place une véritable politique de connaissance client.

D’autres se contenteront de questionnaires vite fait, dont l’enchaînement laisse à désirer. Ces questionnaires ne sont-ils pas des leurres pour les clients en leur faisant croire que l’on prend en compte leur avis ?
Remercier un client en lui administrant un questionnaire avec des fautes, des questions inappropriées et sans aucune stratégie de construction ne sert certainement pas le monde des études où il faut aujourd’hui faire preuve d’inventivité, de perspicacité et de savoir-faire.
Parce qu’il est évident qu’un mauvais questionnaire remet en cause la validité des réponses et donc la qualité globale de l’étude, parce qu’un bon questionnaire répond à des objectifs d’analyses qui découlent des objectifs de l’étude, parce qu’un bon questionnaire doit permettre un traitement pertinent des données et optimiser le recueil des réponses, tout en favorisant la sincérité des personnes interviewées, sa rédaction (par un professionnel, humain on l’aura compris) est cruciale.
Pour en savoir plus http://www.affinity-data.com/pdf/concep-question.pdf

Newsletter Septembre 2006


Jean-Michel Samoyau
Directeur associé

AFFINITY DATA"

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" La malbouffe des études marketing, une certaine typologie"
Depuis une paire d’années le marketing est diabolisé, surtout à travers sa fille, la publicité.
On le rend responsable de nombreux maux de société, en particulier les troubles de l alimentation et nouvellement de l’obésité.
A cela s’ajoute un autre phénomène concomitant qui est la difficulté de cerner le consommateur tant ses comportements paradoxaux, sa prise de pouvoir sur les marques, sa défiance, tendent à le faire ressembler à une savonnette mouillée.
Tout ceci entraîne une mutation des pratiques marketing, notamment dans les usages qu’il est fait des études marketing. On remarque aujourd’hui plusieurs familles, dont la consommation d’études s’apparente à la malbouffe et dont les objectifs sont totalement perdus de vue :
- les étudivores : pour eux la vérité est dans l’exhaustivité. Plus ils ont de chiffres, plus ils sont contents. Comment peut-on ingurgiter et assimiler efficacement tant de données ?
- les étudichipoteurs : les résultats, les méthodologies sont systématiquement remises en cause dès lors que le plan marketing ne se déroule pas sans anicroche ou qu’un résultat ne plait pas.
- les étudisnackers : ils picorent de ci, de là quelques études, de préférence avec des méthodologies hyper innovantes, en oubliant les études fondamentales de base.
- les étudinorexiques : puisque c’est comme cela, je ne fais plus d’études ! Façon bouderie.
Aujourd’hui le monde des études se doit d’être de plus en plus pointu et à ce titre, leur consommation nécessite au préalable l’élaboration d’un programme diététique personnalisé.
En effet, il faut trouver le bon équilibre entre ses besoins caloriques (les informations de base), ses carences (les dissonances avec le marché), ses vitamines (son potentiel de développement) et ses dépenses énergétiques (son budget).
La seule vraie différence avec l’alimentation ? Il est exclu dans les études d’avoir pour seul objectif de " se faire plaisir " !

 

Newsletter Juillet 2006


"Laurence Caillette
Directrice marketing

AFFINITY DATA"

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" Rendons la parole aux clients "
Une récente lecture, " innover en marketing, 15 tendances en mouvement " de Bernard Cova, Marie-Claude Louyot-Gallicher et Myriam Louisy, a particulièrement retenu mon attention sur une des causes, à mon sens, d’échec de la relation client aujourd’hui. En effet, il apparaît que, si l’idée de connaissance du consommateur est centrale dans les réflexions marketing, elle n’est souvent comprise que dans un sens restreint et manipulateur : tout connaître sur le consommateur pour le satisfaire et ainsi le fidéliser. Trop rarement, l’idée que le consommateur puisse avoir des connaissances intéressantes pour l’entreprise est mise en avant. C’est pourtant de cela qu’il s’agit : le marketing, en quittant une vision " fondamentaliste ", devra prendre en compte l’Autre, le consommateur, non en apprenant sur lui mais en apprenant de lui, de son expertise, de ses expériences. Ce qu’il consomme, bien sûr, qui il est, forcément, mais aussi ce qu’il aime, ce qu’il lui plait, ce qu’il désire, ce à quoi il aspire, le sens qu’il donne à sa vie…

Pour traiter cette approche " holistique " du consommateur, commençons par lui rendre la parole…

 

Newsletter Mai 2006


"Jean-Michel Samoyau, directeur associé fondateur AFFINITY DATA"
www.affinity-data.com

 

" le retour des études de satisfaction "
Dédaignées depuis plusieurs années, nous remarquons depuis quelques temps, un juste retour des études de satisfaction.
A qui doit-on cette chute en disgrâce : aux instituts qui, en conjuguant les néologismes " shoppers " et autres " insights " à tous les temps, ont ainsi insinué que les études classiques n’étaient plus fiables ? ou aux commanditaires qui, à force d’utiliser ces études à mauvais dessein, leur ont fait perdre toute leur valeur ?
Les raisons de ce come-back :
1. Les études qui fonctionnent aujourd’hui ne sont pas tout à fait celles d’hier. Celles-ci ont intégré notamment des solutions qui permettent de contrer la versatilité et le manque de cohérence du consommateur tyran et hédoniste de nos jours. Elles ont donc changé dans leur fond et dans leurs formes en fonction des évolutions des consommateurs afin de correspondre aux besoins actuels des fabricants et distributeurs.
2. Les études de satisfaction sont, de fait, une des composantes des études marketing fondamentales dans une démarche orientée client. On s’aperçoit enfin que le CRM n’est pas la panacée et ne peut pas remplacer toutes les études marketing. En effet, une étude de satisfaction est une approche incontournable dans le passage d’une culture produit à une culture client. Elle apporte des éléments essentiels tels que l’évaluation de la qualité de service (telle qu'elle est effectivement perçue par les clients), la mesure du niveau de qualité attendue par les clients, la détermination des domaines prioritaires d’actions marketing pour fidéliser et la compréhension des comportements d’infidélité
3. Les clients savent aujourd’hui utiliser les études de satisfaction et notamment les intégrer dans une démarche complète de qualité impliquant l’ensemble des services (DRH, service qualité, service client, marketing, commercial…)

Newsletter Mars 2006


Laurence Caillette
Directrice Marketing

AFFINITY DATA

www.affinity-data.com

" Passer de la fidélisation à la connaissance client est le vrai défi des entreprises.
Depuis le milieu des 90 on a vu fleurir des dizaines et des dizaines de cartes de fidélité de tous poils : gratuites, payantes, à points, à remise, mutualisées … qui ont conduit à accumuler des millions de données… inexploitées.
Au mieux, le niveau de connaissance client se situe au niveau de la RFM (Résence, Fréquence, Montant). On peut ainsi identifier les meilleurs clients, les clients moyens et enfin, les occasionnels. Mais les limites sont une déperdition dû au fait de concentrer les efforts commerciaux sur les meilleurs clients auxquels on fait la même offre…
Savoir qui (profil sociodémographique) et quoi (quels produits achetés), n’est plus suffisant : les marques doivent comprendre pourquoi. Comprendre les motivations est tout l’enjeu des relations client de demain. C’est la connaissance client qui permet de retenir et de faire revenir les clients.
Les avantages d’une relation client personnalisée :
- réduire la déperdition donc le coût des opérations promotionnelles par des offres ciblées et répondant directement aux besoins des différents types de consommateurs.
- améliorer le mix magasin avec un assortiment et un marketing adaptés à chaque implantation
- affiner et renforcer les primes à la fidélité, donc augmenter le panier moyen et la fréquentation
- au delà des avantages économiques, instaurer une relation de plus grande proximité avec le client, donc favoriser les facteurs de différenciation "

Newsletter Décembre 2005


"Jean-Michel Samoyau, directeur associé fondateur AFFINITY DATA"

Arrêtons de nous mentir !
Combien de fois avons nous lu cette phrase dernièrement " La gestion de la relation client est au cœur des préoccupations de toutes les entreprises " ?
Je constate, nous constatons tous, chaque jour, qu’il ne s’agit ici que de (louables) intentions. Ou, si c’est vrai, il est temps de remettre sérieusement en cause les stratégies et méthodes utilisées.Un exemple, hier : suite à la résiliation de mon abonnement chez mon opérateur mobile (chez qui je sais faire partie des meilleurs clients), je reçois une lettre standard, me demandant d’appeler (!) pour expliquer les raisons de mon départ !! Quel sens de la relation ! Au client de se déplacer vers la marque ?
La connaissance et la compréhension du client, au delà même de votre secteur d’activité, sont plus que jamais un défi pour l’avenir économique des entreprises. Connaître toutes ses facettes permettra de penser comme lui et donc de le conquérir, le fidéliser pour en tirer le meilleur profit.


La segmentation version 3.0

Auparavant, en termes de segmentation, les seuls critères retenus étaient le classique «âge », le dépassé « CSP », ou encore le peau-de-banane « revenu » : c’était l’ère « anthropométricale » . Nous sommes ensuite entrés dans l’ère du comportemental, diversement compris et appliqué d’ailleurs, qui veut que nous regroupions les individus en groupe de comportement homogène. Or, le consommateur a tout aujourd’hui, sauf un comportement rationnel, logique et prédictible : nous entrons dans l’ère de l’aspirationnel, plus profonde et prédictive que le comportemental. « L’époque est au paradoxe. Les individus ont un tempérament schizophrène. » (Vincent Grégoire du bureau de style Nelly Rodi). Ce qui implique d’introduire de nouveaux paramètres dans les segmentations pour mesurer et prendre en compte ces contradictions.

La fin des « étiquettes »

On s’aperçoit des limites d’une segmentation de style socio-culturel. Un exemple à la mode : les « bobos », dont la définition est différente d’une personne à l’autre et qui sont aujourd’hui sensés représenter des trentenaires urbains et aisés. Or, on constate que la catégorie des trentenaires est celle où il y a le plus de précarité, de chômage, c’est celle qui déserte de plus en plus les centre-villes pour trouver à se loger dans ses moyens, dont les crédits immobiliers sont deux fois supérieurs au reste de la population, qui part le plus en vacances en camping…

Des comportements paradoxaux


On déplore un pouvoir d’achat à la baisse mais les achats de produits high-tech, d’équipement de la maison ou dédié au culte de « soi » sont en hausse. De même, le consommateur veut de plus en plus de qualité et du haut de gamme. Comment est-ce possible ?
Explication : ils « coupent les coins », c’est-à-dire qu’ils économisent sur les produits de gamme moyenne en s’orientant de plus en plus vers des produits « low cost » ou encore gratuit afin de dégager l’argent nécessaire pour acheter des produits de luxe. Optimiser ses achats revient pour le consommateur à suivre une démarche quasiment scientifique afin de trouver le meilleur fournisseur qui propose le produit le meilleur au prix le plus discounté.
Les clients sont ainsi devenus de véritables experts marketing, et connaissent de mieux en mieux les prix et les stratégies promotionnelles des marques. De plus, ils échangent leurs bonnes adresses (surtout les femmes). Les consommateurs n’ont plus honte d’acheter low cost : seuls 8% des clients achèteraient au prix normal. La manière d’acheter change : ceux qui savent parfaitement ce qu’ils désirent trouvent des prix moins chers que les autres, et peuvent vivre finalement sensiblement au-dessus de leurs moyens. Aujourd’hui, faire ses courses chez ED, Lidl ou Leader Price n'est plus montré du doigt. Au contraire, c'est "tendance" et c’est rusé.
Ainsi, on peut trouver au sein d’un même « panier » : des dessous Chantal Thomass et un sac à main en skaï véritable acheté 3 sous dans le métro ; un rouge à lèvres Chanel et de la lessive Leader Price, un i-pod et un lecteur Dvix de salon Lidl à 19€, …

Une clé de lecture du consommateur : décoder les « aspirations » individuelles

La vie n’est qu’une suite d’arbitrages et le comportement du consommateur aujourd’hui ne peut se comprendre qu’en décodant ce que j’appelle ses « priorités de vie ». Ce n’est que par cette entrée que l’on peut aujourd’hui prétendre réaliser une segmentation efficace et performante. Il s’agit de l’appréhender de manière holistique et d’aller à la rencontre de ses compromis, de ses choix, de qu’il considère comme impliquant. Par exemple, on ne peut plus aujourd’hui dire qu’une femme qui achète sa crème de nuit chez Dior, ne peut pas acheter sa lingerie chez Tati..
Ce raisonnement par « priorités de vie » montre les limites actuelles du scoring et de la segmentation comportementale qui ne sont valables que pour un marché et à un moment donné.

Comment mesurer le paradoxal


Les marques doivent désormais pouvoir répondre à la question suivante : qu’est-ce que le consommateur va « lâcher » pour venir chez moi ? Pour répondre à cette question, il faut être en mesure de parler aux émotions, de suivre l’arbitrage, le choix que le consommateur va devoir opérer. Or ces arbitrages sont loin d’être conscients et reposent sur la valeur que le consommateur donne au produit, à la marque. Cette valeur est complexe puisqu’elle comprend la perception qu’il a de la valeur prix, la valeur d’usage, la valeur d’image que le produit va lui conférer…
Au delà de la consommation que le client fait d’un produit ou d’une marque, il faut obtenir des informations sur son style de vie, ses valeurs, ses convictions, ses postures… (Cela va de son rapport à l’argent, aux média, à la politique, l’écologie, la famille, les autres, la consommation… jusqu’aux différentes marques). Aujourd’hui il existe des méthodologies qui permettent de mesurer ces différents éléments constitutifs de la valeur attribuée par un individu à une marque et ainsi révèlent les mécanismes d’arbitrages réalisés par les individus. Ce qui est nouveau ce n’est donc pas les études qui permettent d’obtenir des informations sur qui se cache derrière le client, mais de les intégrer, de les mixer avec des données de consommation en propre.
Le challenge aujourd’hui n’est pas dans le recueil de l’information mais dans son exploitation et plus précisément dans son intégration. En effet, si l’on veut pouvoir opérer une segmentation opérationnelle et pertinente pour les entreprises il faut intégrer ces données dans la base de connaissance client de l’entreprise et, à ce jour, peu d’entreprises en ont la capacité, l’ambition et surtout la compréhension de son enjeu, engluées dans de la tactique et délaissant la stratégie au péril de leur avenir.
La segmentation 3.0 de demain est donc possible en termes de méthodologie, mais elle demande ambition et audace aux entreprises.
Gérer tous les paradoxes et décrypter les motivations les plus profondes des consommateurs est le défi à relever pour les marques et la connaissance client est à ce titre plus que jamais fondamentale.

Les fondamentaux en matière de segmentation

  • -même si les techniques sont de plus en plus sophistiquée pour traquer le client, la réussite d’une segmentation dépend de plus en plus de l’homme de marketing (lui seul choisit les paramètres, les bornes étudiées et c’est ce choix qui est crucial)
  • la segmentation n'est qu'une vision du monde. Aussi sophistiquée soit-elle, l'important est qu'elle serve l'entreprise. Plutôt que de l'affiner à l'infini, mieux vaut la combiner avec d’autres études.


Laurence Caillette
lcaillette@affinity-data.com

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