Les entreprises
françaises perdent 5,2 millions d’euros en
ne répondant pas à leurs clients. Histoire
vécue du dégroupage chez France Telecom
Une étude publiée par Datamonitor il y a quelques
semaines met en lumière les manquements des entreprises
françaises en matière de gestion des opérations
basiques de relation client. Elles ont ainsi laissé
s’échapper plusieurs millions d’euros
de revenu, simplement en ne répondant pas aux demandes
de leurs clients. Perdant peu à peu son monopole,
France Telecom aurait la possibilité de réagir…
histoire vécue d’une non-relation client.
La base de cette étude est modeste, seulement 250
entreprises, mais elle permet déjà d’appréhender
une tendance. Les entreprises ne répondent aux demandes
des clients par email que dans 54 % des cas, et dans 52
% seulement des demandes réalisées par un
formulaire web !
Les coordonnées téléphoniques des clients
qui les fournissent ne sont enregistrées que dans
59 % des cas alors que l’entreprise elle-même
en a fait la demande.
Au total, ce sont 5,2 millions d’euros qui auraient
été gaspillés par les entreprises qui
ne répondent pas aux demandes de leurs clients. Une
manière de justifier pour les commanditaires de cette
étude (Siebel et Microsoft), l’investissement
dans une solution de CRM.
Une autre étude, réalisée il y a deux
ans par McKinsey, analyse les raisons qui font qu’un
client vous quitte et change de fournisseur. Dans 68 % des
cas, un client change de fournisseur simplement parce que
le précédent a fait preuve d’indifférence
envers lui, et pour 14 % seulement parce que le produit
ou le service ne lui convenait plus. Absence de communication,
manque de réactivité, nous avons tous nos
défauts. Mais si 68 % de nos clients nous quittent
simplement parce que nous n’avons pas su leur montrer
l’importance qu’ils avaient pour nous, il suffirait
de quelques actions pour réellement impacter notre
taux de fidélisation.
Prenons un exemple vécu, qui va toucher notre opérateur
téléphonique national, France Telecom. Peut-être
avez-vous été récemment attiré
par les offres d’opérateurs alternatifs afin
de faire évoluer votre ligne téléphonique,
votre ligne ADSL ou votre fournisseur d’accès.
Prenons l’exemple d’une entreprise titulaire
de deux abonnements chez France Telecom, avec option ADSL,
et d’un abonnement chez Wanadoo. Intéressée
par une offre alternative, Free par exemple, elle résilie
son abonnement chez Wanadoo pour passer chez Free. Puis
quelques mois plus tard, elle choisit de dégrouper
partiellement ses abonnements téléphoniques
afin de bénéficier des services de Free. Encore
quelques mois plus tard, alors que le service de dégroupage
total est disponible, elle l’applique à ses
deux lignes afin de ne plus payer le moindre abonnement
à France Telecom.
Trois opérations, trois occasions pour le fournisseur
initial de service, France Telecom, de rentrer en contact
avec ce client en cours de migration vers l’offre
d’un concurrent. Résultat : aucun appel, aucun
message, aucune action tendant à rattraper ce client
avant qu’il ne commette l’irréparable,
c'est-à-dire dégrouper totalement sa ligne
et ne plus être en relation avec France Telecom.
Nous sommes ici face à l’illustration parfaite
de ces 68 % d’indifférence. Le départ
d’un client de chez Wanadoo aurait pu être une
première alerte ; le dégroupage partiel une
seconde, avant la perte définitive de contact liée
au dégroupage total. France Telecom se révèle
ici incapable de profiter de la masse d’informations
à sa disposition, et de mettre en œuvre des
actions de fidélisation basiques.
Certains éditeurs vendent très cher des logiciels
d’anticipation du " churn ", le changement
d’opérateur, mais ils seraient sans doute bien
inspirés de conseiller à leurs clients quelques
actions simples pour éviter certaines hémorragies.
L’étude de Datamonitor le montre d’ailleurs,
la majorité des entreprises négligent les
actions les plus basiques, et perdent leur temps sur quelques
contacts non significatifs.
(source Philippe Nieuwbourg relationclient.net)